
BENI – La commune rurale de Mangina, située dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, traverse des heures sombres. Une nouvelle incursion armée attribuée aux rebelles ADF-MTM, perpétrée dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet 2026, a coûté la vie à au moins dix civils. Il s’agit du deuxième assaut sanglant enregistré dans cette entité en l’espace de deux jours seulement.
Mangina est à nouveau plongée dans le deuil et l’effroi. Alors que les blessures de la précédente attaque sont encore vives, les assaillants ont de nouveau frappé au milieu de la nuit de mercredi à jeudi.
Selon les premiers bilans parvenus depuis le terrain, une dizaine de personnes ont perdu la vie au cours de ce nouveau raid d’une rare violence.
Cette série d’attaques est fermement attribuée aux terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF-MTM), un groupe armé d’origine ougandaise qui sème la terreur dans la région de Beni depuis des années.
Ce nouveau drame vient s’ajouter à un climat sécuritaire déjà extrêmement volatile. Le mardi 13 juillet dernier, une première incursion des mêmes assaillants avait déjà semé la désolation au sein de cette communauté rurale.
Sur place, le désarroi et le sentiment d’abandon dominent. Interrogé sur la situation, Victoire Kikombi, un journaliste local basé à Mangina, décrit un quotidien devenu irrespirable pour les habitants: « Depuis la première attaque de mardi 13 juillet, la population vivait déjà dans une psychose totale. Les gens savaient que la menace planait toujours. Malheureusement, ce deuxième drame est venu confirmer leurs pires craintes, plongeant toute la commune dans le chaos et l’incertitude. »
Le cri d’alarme de la société civile
Face à cette recrudescence rapide des violences, la société civile locale et les forces vives de Mangina tirent la sonnette d’alarme. Elles appellent urgemment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la coalition FARDC-UPDF à intensifier les patrouilles de combat et à sécuriser les zones périphériques pour anticiper les mouvements de l’ennemi.
Pour l’heure, un déplacement massif des populations est observé vers des zones jugées plus sécurisées, notamment vers la ville voisine de Beni, laissant derrière elles une commune de Mangina fantomatique et meurtrie.
© CongoForum – Roger Mulyata, 17.07.26
Image – source: presse congolaise