Rapport de l’ONU: l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, Joseph Kabila au cœur des nouvelles révélations sur le conflit dans l’Est (CongoForum)

GOMA – Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo apporte de nouveaux éléments sur les dynamiques militaires et politiques qui alimentent le conflit dans l’est du pays. Le document met en cause l’AFC/M23, décrit un soutien militaire continu du Rwanda et revient sur les activités de l’ancien président Joseph Kabila dans les territoires contrôlés par la rébellion.

Selon les experts, l’AFC/M23 disposerait d’une force estimée à près de 30 000 combattants, répartis en trois zones de défense placées sous les commandements de Baudoin Ngaruye, Justin Gacheri Musanga et Bertrand Byamungu.

Le rapport affirme également que cette force bénéficie de l’appui de 14 000 à 18 000 militaires des Forces de défense rwandaises (RDF), déployés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en décembre 2025. Les experts précisent qu’au moment de la rédaction de leur rapport, aucun retrait significatif de ces troupes n’avait été observé.

Le document revient également sur l’offensive menée contre la ville d’Uvira à la fin du mois de novembre 2025. D’après les enquêteurs onusiens, l’opération aurait été conduite sous le commandement de Sultani Makenga et de Bertrand Byamungu, avec un rôle stratégique attribué au général rwandais à la retraite James Kabarebe. L’objectif de cette offensive aurait été de prendre le contrôle de l’ensemble de la province du Sud-Kivu.

Joseph Kabila

Le rapport consacre par ailleurs un important développement aux activités de l’ancien président Joseph Kabila. Les experts indiquent que la plateforme « Sauvons la RDC », qu’il porte, a lancé un appel à la mobilisation populaire dont les objectifs sont présentés comme convergents avec ceux de l’AFC/M23.

Les enquêteurs affirment également que Joseph Kabila s’est rendu à plusieurs reprises, depuis mai 2025, dans des territoires contrôlés par l’AFC/M23, où il aurait rencontré plusieurs responsables de haut rang du mouvement armé.

Selon les experts, cette visibilité publique aurait contribué à renforcer le discours présentant la crise comme un conflit essentiellement interne à la République démocratique du Congo, atténuant, selon leur analyse, la perception du rôle attribué au Rwanda dans le conflit.

Le rapport met également en avant le rôle de Moïse Nyarugabo, ancien sénateur présenté comme un proche de Joseph Kabila. Lors du deuxième conclave de la plateforme « Sauvons la RDC », organisé en avril 2026, il a cosigné le communiqué final en qualité de coordinateur du secrétariat technique et membre fondateur.

Des divergences stratégiques

Enfin, le Groupe d’experts souligne l’existence de divergences stratégiques au sein de l’alliance AFC/M23. D’après le document, Corneille Nangaa et Joseph Kabila privilégieraient une stratégie orientée vers une conquête du pouvoir à Kinshasa, tandis qu’une partie importante du commandement militaire du mouvement serait davantage favorable à la consolidation de son emprise sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

À travers ces conclusions, le Groupe d’experts des Nations unies présente de nouveaux éléments d’analyse sur les acteurs et les stratégies qui alimentent le conflit dans l’est de la RDC. Les informations contenues dans ce rapport reflètent les constatations des experts mandatés par les Nations unies et s’inscrivent dans le cadre de leur mission d’investigation.

© CongoForum – rédaction, 01.07.26

Image – source: presse congolaise

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