
WASHINGTON – Les États-Unis ont annoncé mercredi à Washington vouloir obtenir le retrait des troupes rwandaises de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) d’ici à la mi-juillet, dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix conclu avec Kigali, alors que persistent des défis sécuritaires liés au M23.
« Les choses avancent, pas assez vite certes, mais nous espérons que le retrait des troupes rwandaises de la région sera effectif d’ici à la mi-juillet. Bien sûr, il reste le problème du M23 à régler. Il s’agit donc d’une multitude de dossiers », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors de son audition devant une commission de la Chambre des représentants consacrée au budget du Département d’État.
À travers cette déclaration, Washington réaffirme sa volonté d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix conclu entre Kinshasa et Kigali sous médiation américaine. Selon Marco Rubio, des progrès sont perceptibles sur le terrain, même si les résultats obtenus demeurent en deçà des attentes de l’administration américaine.
Le chef de la diplomatie américaine a également reconnu que l’accord signé entre les deux pays n’est pas encore pleinement respecté dans toutes ses dispositions. « Malheureusement, cet accord n’est pas pleinement respecté. Nous avons dû imposer quelques sanctions. Du côté rwandais, nous commençons toutefois à observer un certain respect des engagements pris », a-t-il affirmé.
Signé le 27 juin 2025 à Washington, cet accord prévoit notamment le respect de l’intégrité territoriale de la RDC et du Rwanda, la cessation des hostilités, le désarmement des groupes armés, la mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité ainsi que le retour volontaire des réfugiés et des personnes déplacées.
Le document a été signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda, sous l’égide des autorités américaines. Pour Kinshasa, l’enjeu majeur demeure la restauration complète de son autorité sur l’ensemble du territoire national, notamment à travers le retrait des forces étrangères et la neutralisation des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Parallèlement au processus engagé entre les deux États, la question de l’AFC/M23 continue de peser sur les efforts de stabilisation. Bien que les discussions menées à Doha soient considérées comme complémentaires à l’Accord de Washington, les accusations réciproques de violations des engagements pris continuent d’alimenter les tensions et l’insécurité dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans cette dynamique, les États-Unis avaient déjà adopté, en février dernier, des sanctions ciblées contre le général rwandais à la retraite James Kabarebe ainsi que contre Laurence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23. Début mars, Washington avait également élargi ces mesures à la Rwanda Defence Force (RDF) et à plusieurs de ses hauts responsables militaires.
Depuis la signature de l’accord en juin 2025, les autorités congolaises n’ont cessé d’exiger un retrait effectif des forces étrangères de l’Est de la RDC. Malgré les engagements pris, des affrontements et des déplacements de populations continuent d’être signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où des milliers de civils restent affectés par une insécurité persistante.
© CongoForum – rédaction, 05.06.26
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