Cimat politique tendue en RDC: le plaidoyer de Martin Fayulu pour un dialogue inclusif face à l’impasse sécuritaire (CongoForum)

KINSHASA – Dans un contexte de tensions persistantes et de tragédies quotidiennes dans l’Est du pays, Martin Fayulu, leader de l’ECiDé, a réitéré son appel à un « dialogue national inclusif ». Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi dans la capitale, l’opposant a martelé que seule une union sacrée des fils et filles du Congo pourra briser le cycle de violence imposé par les agressions extérieures.

Pour le président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), le temps des calculs partisans est révolu. Face à ce qu’il qualifie de « guerre imposée par Paul Kagame et ses alliés », Martin Fayulu estime que les réponses isolées du pouvoir actuel ne suffisent plus.

« Des milliers de Congolais meurent chaque jour. Il devient urgent que les Congolais se mettent ensemble pour trouver des solutions idoines », a-t-il déclaré avec gravité. Selon lui, l’absence d’un dialogue sincère constitue aujourd’hui le principal frein à tout progrès durable. Le leader de l’opposition plaide pour un cadre de concertation qui réunirait toutes les sensibilités politiques, y compris les plus divergentes, afin de dégager un consensus sur les priorités nationales.

Entre fraternité et déception

Interrogé sur ses rapports avec le Chef de l’État, Martin Fayulu a adopté un ton à la fois fraternel et exigeant. Évoquant sa rencontre avec Félix Tshisekedi au Palais de la Nation le 5 juin 2025, il a affirmé ne nourrir « aucun regret » quant à cette démarche diplomatique interne.

Cependant, l’amertume pointe derrière les mots. « Félix Tshisekedi est mon frère […] mais je regrette qu’il n’ait pas encore tenu les promesses qu’il m’avait faites », a-t-il précisé. Parmi les points de friction, l’opposant a notamment soulevé la question de la rencontre, toujours attendue, entre le Président et les autorités ecclésiastiques (évêques et prêtres), médiateurs historiques de la crise congolaise.

Un appel au patriotisme

À l’approche des prochaines échéances et face à la dégradation de la situation humanitaire, le candidat à la présidentielle de 2023 appelle la classe politique à un sursaut de responsabilité. Pour lui, l’histoire jugera les dirigeants actuels sur leur capacité à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation pour protéger les générations futures.

Alors que les massacres continuent d’endeuiller le Grand Nord et l’Ituri, l’initiative de Fayulu pose une question de fond à la classe dirigeante de Kinshasa: le pouvoir est-il prêt à s’ouvrir à une véritable « cohésion nationale » pour sauver l’intégrité du territoire?

© CongoForum – rédaction, 12.05.26

Image – source: presse congolaise

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