
BUTEMBO – Alors que Washington resserre l’étau autour de certaines figures de l’ère Kabila, le parti centriste Nouveau Congo monte au créneau. Pour son leader, Maître Isaac Mutanga, les mesures actuelles ne sont qu’une étape: il réclame une extension massive des sanctions pour briser le cycle de l’instabilité, notamment dans l’Est du pays.
Le Département du Trésor américain a récemment réactivé ses leviers financiers en République démocratique du Congo, ravivant les tensions autour du cercle restreint de l’ancien président Joseph Kabila.
Mais là où certains voient une pression suffisante, le parti Nouveau Congo y voit une occasion manquée de frapper plus fort et plus large. Pour Maître Isaac Mutanga, président de cette formation centriste, l’efficacité de la diplomatie des sanctions se mesure à sa capacité d’atteindre les véritables « donneurs d’ordres ».
Selon lui, limiter les restrictions à quelques noms isolés est insuffisant pour provoquer un réel changement de comportement chez les acteurs politiques congolais. « L’administration américaine doit durcir le ton. L’efficacité de ces mesures dépend de leur extension aux collaborateurs directs de Joseph Kabila ainsi qu’aux acteurs financiers et politiques accusés d’alimenter la crise », a-t-il déclaré.
Le lien indissociable avec la crise à l’Est
Le point d’orgue de l’argumentation du parti Nouveau Congo réside dans la corrélation entre la politique kinoise et le chaos sécuritaire qui ronge les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Maître Mutanga plaide pour que le Département d’État intègre systématiquement dans sa « liste noire » tous ceux qui, de près ou de loin, tirent profit de l’instabilité sécuritaire ou participent au financement des réseaux armés.

Le parti estime que la crise humanitaire persistante dans l’Est ne pourra être résolue que si les soutiens financiers des groupes armés, souvent nichés dans les hautes sphères du pouvoir ou du milieu des affaires, sont asphyxiés par des gels d’avoirs internationaux.
Un test pour l’administration américaine
Cette prise de position du parti Nouveau Congo intervient dans un climat de méfiance généralisée, où la société civile congolaise scrute avec attention le positionnement de Washington face aux enjeux de la transition démocratique et de la souveraineté nationale.
En réclamant un élargissement des sanctions, Maître Isaac Mutanga place le curseur sur la responsabilité individuelle des élites. Pour le parti centriste, il ne s’agit plus seulement de punir pour le passé, mais de prévenir le chaos futur en envoyant un message clair: personne n’est intouchable, tant que la paix à l’Est reste une équation non résolue.
© CongoForum – Roger Mulyata, 03.05.26
Images – source: presse congolaise