Carnage en Ituri: le village de Bafwakoa à feu et à sang après une incursion des ADF (CongoForum)

BUNIA – ​Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, a été le théâtre d’une horreur sans nom dans la  nuit du 1er au 2 avril 2026. Une attaque sanglante, attribuée aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF), a visé le village de Bafwakoa sur l’axe routier Kisangani (RN4).

​L’horreur a frappé à la porte de Bafwakoa, chef-lieu de la chefferie de Bandaka, aux premières heures de ce mercredi. Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont opéré avec une cruauté inouïe.

Le bilan humain, encore provisoire, fait état de plus de 35 personnes tuées. Les modes opératoires témoignent de la violence du choc: certaines victimes ont été exécutées à la machette, d’autres par arme à feu, tandis que plusieurs civils ont péri calcinés dans leurs propres habitations.

​Outre les pertes en vies humaines, les dégâts matériels sont colossaux. Jospin Mbowa, représentant de la nouvelle société civile locale, dresse un constat apocalyptique: le village est incendié à plus de 60%. Les flammes n’ont épargné ni les maisons, ni les moyens de transport. Plusieurs motos et véhicules stationnés le long de la RN4 ont été réduits en cendres.

​À ce chaos s’ajoute l’angoisse des disparus. Une dizaine de civils auraient été emmenés de force par les rebelles vers une destination inconnue, laissant les familles dans une attente insoutenable.

Le cri de détresse des autorités coutumières

​Christian Alimasi, chef de la chefferie de Bandaka, a brisé le silence dans un communiqué officiel pour alerter sur l’urgence de la situation. ​« Au point kilométrique 40 de Niania, précisément à Bafwakoa, le chef-lieu a été attaqué. Ils ont tué un bon nombre de civils, au moins 35 personnes », confirme l’autorité coutumière, qui appelle désormais à une intervention immédiate des autorités provinciales et nationales pour éradiquer la menace ADF dans sa juridiction.

L’armée promet une riposte, la population dans le doute

​Si les autorités territoriales de Mambasa confirment l’attaque sans toutefois s’avancer sur un bilan chiffré, l’armée, par la voix de son porte-parole, le lieutenant Jules Ngongo, tente de rassurer. Des opérations de riposte seraient en cours pour traquer les assaillants.

​Cependant, sur le terrain, le sentiment d’abandon prédomine. Actuellement, 6 des 7 chefferies que compte le territoire de Mambasa sont sous la menace directe des ADF. Malgré la coalition entre les forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF), l’insécurité galopante pousse chaque jour des milliers de déplacés sur les routes, fuyant une mort quasi certaine.

Cette nouvelle tragédie repose avec acuité la question de l’efficacité des opérations militaires « musclées » tant attendues par la population.

© CongoForum – Roger Mulyata, 03.04.26

Image – source: presse congolaise

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