
BENI – Le territoire de Beni a de nouveau été le théâtre de l’horreur ce dimanche 1er février 2026. Une incursion attribuée aux rebelles ADF à Mamove a laissé derrière elle un paysage de désolation, relançant le débat sur l’efficacité des mesures sécuritaires dans la région.
L’attaque, survenue tôt ce dimanche 1er février 2026, a frappé de plein fouet la localité de Mamove, dans le secteur de Beni-Mbau. Selon le bilan provisoire communiqué par Lewis Saliboko, représentant de la société civile locale de Beni, le constat est alarmant.
Des pertes humaines d’au moins un civil tué et plusieurs autres portés disparus, emmenés de force par les assaillants pour transporter les produits du pillage.
Des destructions matérielles, il y a eu plus de 70 maisons qui ont été réduites en cendres, dont 60 établissements commerciaux, portant un coup d’arrêt brutal à l’économie locale.
Des déplacements de population fuyant l’insécurité, des centaines de ménages ont pris la route vers Oicha, chef-lieu du territoire, dans un dénuement total.
Ce nouveau massacre s’inscrit dans une série noire qui semble sans fin. Malgré l’état de siège et la présence des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les groupes armés frappent avec une récurrence qui confine à l’impunité.
Selon les acteurs de l’organisation non gouvernementale CRDH, cette attaque de Mamove met à nu, une fois de plus, les lacunes critiques dans la protection des populations civiles. “Comment expliquer qu’en zone sous surveillance militaire, des assaillants puissent opérer avec une telle liberté de mouvement?”, s’exclame cette organisation.
Le drame souligne l’urgence de réformer les mécanismes d’alerte précoce et de renforcer la réactivité des unités sur le terrain.
Pour les habitants de Beni, la douleur se double d’un sentiment d’amertume. Les failles dans le renseignement et la coordination des opérations militaires alimentent une méfiance croissante envers les institutions. La population ne réclame plus de simples condoléances, mais une stratégie d’anticipation réelle. La lutte contre les ADF ne peut plus être une succession d’interventions post-massacres.
Les citoyens exigent une responsabilité claire et une collaboration sincère avec les communautés locales pour briser ce cycle de violence aveugle. Justice et protection ne doivent plus être des slogans, mais une réalité tangible pour que le sang coulé à Mamove ne soit pas, encore une fois, celui du silence et de l’oubli.
© CongoForum – Roger Mulyata, 01.02.26
Image – source: presse congolaise