
KINSHASA – Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé à l’unanimité, pour une année supplémentaire, le mandat de la MONUSCO. Cette décision intervient dans un contexte de forte instabilité à l’Est de la République démocratique du Congo et clarifie la ligne du Conseil: la mission reste sur le terrain, malgré les pressions en faveur de son retrait.
Contrairement aux attentes d’un désengagement progressif accéléré, la résolution rappelle que le retrait de la MONUSCO demeure strictement conditionné au renforcement effectif des capacités de l’État congolais et à l’exercice de son autorité sur les zones concernées. Or, le Conseil estime que ces conditions ne sont pas réunies à ce stade. En pratique, cela revient à geler le processus de retrait sans l’annoncer formellement.
Le nouveau mandat est principalement structuré autour de l’accompagnement des processus de paix en cours, notamment les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha, ainsi que les cadres opérationnels existants. La MONUSCO est également appelée à participer à la vérification du respect des cessez-le-feu, un rôle qui la repositionne comme un acteur clé de stabilisation plutôt que comme une mission en phase de sortie.
Sur le terrain, le Conseil confirme que le cœur du déploiement de la MONUSCO reste concentré dans le Nord-Kivu et l’Ituri, où la protection des civils demeure la priorité absolue. Bien que la mission se soit retirée du Sud-Kivu, la résolution autorise néanmoins des activités de surveillance liées à un éventuel cessez-le-feu dans cette province. Des précisions du Secrétaire général sont attendues avant mars 2026, signe que le Sud-Kivu n’est pas totalement exclu du dispositif onusien.
La résolution condamne fermement l’offensive du M23 au Sud-Kivu, menée, selon le Conseil de sécurité, avec le soutien de la Force de défense rwandaise, et exige le retrait de ces forces. Toutefois, cette condamnation ne s’accompagne pas de nouveaux mécanismes coercitifs ou de sanctions spécifiques, illustrant les limites politiques de l’action du Conseil sur ce dossier sensible.
Par ailleurs, l’assistance de la MONUSCO aux opérations conjointes avec les Forces armées congolaises reste strictement conditionnée au respect du droit international humanitaire et de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme. Cette exigence vise à prévenir toute implication indirecte de la mission dans des violations des droits humains.
Enfin, le Conseil exprime une vive inquiétude face à l’usage croissant de drones, de missiles sol-air et aux pratiques de brouillage et d’usurpation du signal GPS, qui entravent les opérations de la MONUSCO et compliquent davantage un environnement sécuritaire déjà instable.
En définitive, ce nouveau mandat traduit une approche de continuité prudente : la MONUSCO est maintenue, recentrée sur la protection des civils et l’accompagnement politique, sans horizon clair de retrait. Une décision qui reflète les tensions persistantes entre impératifs sécuritaires, attentes des autorités congolaises et équilibres diplomatiques au sein du Conseil de sécurité.
© CongoForum – rédaction, 20.12.25
Image – source: presse congolaise